Danielle Boutet :
Spiritual Forms : Notes For Thinking About Art and Spirituality

Beyond contributing beautiful—or meaningful—objects to the public, art practice is a way for me to experience and think about the world, a way to understand the world and, through it, to understand something about humanity. This has always been the purpose of art-making for me: to experience in that way, to be conscious in that way, to be in that way. Striving for expressive perfection, for an always greater mastery of art-making and theoretical studies, for beauty and eloquence; venturing into aesthetically hazardous or philosophically contested terrain; and taking liberties with rules and definitions has served the essential purpose of developing more expansive knowledge and more intense experience. The framework for understanding art as a way of knowing and being in the world is not the same as a scientific framework. For this reason, it is hard to demonstrate this idea in a way that is comparable to how one … Lire la suite

Sylvie Cotton : Le feu sacré : la pratique in spiritu

ÉCLAIRAGES EN FONDUS SUR L’ART ET LA SPIRITUALITÉ Sylvie Cotton est une artiste interdisciplinaire vivant à Montréal, au Québec. Sa recherche, amorcée en 1997, est liée aux pratiques de la performance, de l’art action, du dessin et de l’écriture, bien qu’elle fasse aussi régulièrement appel aux formes installatives pour la réalisation de projets d’exposition. Ses œuvres s’ouvrent sur la création de situations menant à l’instauration d’un rapport avec l’autre ou à une infiltration dans le monde de l’autre. Principalement, le travail s’inscrit in situ et in spiritu dans des lieux privés ou publics, et les résultats sont présentés dans des galeries et des festivals ou se déploient hors les murs dans d’autres types d’espaces publics (rue, ascenseur, parc ou restaurant, par exemple). L’activité de résidence est également utilisée comme un médium de création performative. Sylvie Cotton est aussi auteure et commissaire. Elle a organisé des événements, dirigé des publications et … Lire la suite

Claire Maillé : Atelier d’artiste

Fondements d’un savoir oublié J’avais à peine 11 ans. Je descendais les escaliers qui me conduisaient directement dans l’atelier d’artiste. Edmund me permettait de rester à côté de lui, à condition de ne rien dire. « Pas question de parler », m’a-t-il dit, « tu regardes et tu ne bouges pas.  » Jamais je n’oublierai le privilège qui m’a été offert de venir me percher sur ce tabouret à côté du chevalet en bois dégoulinant de peinture à l’huile. C’est ainsi qu’il s’est construit une complicité toute particulière entre nous, je me dépêchais de rentrer de l’école et me précipitais dans son atelier. Edmund vivait chez nous depuis un certain temps, mes parents lui avaient alloué un espace au rez-de-chaussée de notre grande maison située dans la banlieue parisienne. L’atelier était spacieux et éclairé par une grande baie vitrée. Cette pièce donnait directement sur un jardin joliment aménagé. La lumière du jour était … Lire la suite

Carol Shapiro : Équations des incertains

Résumé : Donner à voir ce que se joue dans un processus de création est comme se jeter dans une vague, ne pas trahir le sens de la marée tout en tentant de respirer, de flotter dans ces turbulences pour partager l’indicible. Les artistes ont toujours contribué à la société par leurs œuvres, mais l’expérience même de création est aussi une expérience significative pour la connaissance de l’humain sur son humanité. Danielle Boutet, Ph.D. Équations des incertains On appelle « inéquation » une inégalité qui n’est vérifiée que pour certaines valeurs attribuées aux lettres qu’elle contient. Ces lettres sont les inconnues de l’inéquation. Comment approcher cet espace, cette dimension de la création artistique, lieu où la pensée — onde/particule — se transforme, où le geste se retrouve suspendu dans ce temps vertigineux qui nous précède, qui détermine à notre insu la trace/futur de nos parcours, traversée des recherches et expériences, transmissions qui … Lire la suite

Danielle Boutet :
Un projet d’écriture et de composition : Le Monastère

En août dernier, je complétais la composition d’une œuvre intitulée Le Monastère, un projet auquel j’ai travaillé pendant quatre ans… Depuis plusieurs années, j’ai tendance à travailler sur de longs cycles, de grands thèmes—mais je ne sais pas d’avance si une idée deviendra un long cycle ou non. En mettant les dernières heures de travail, cet été, je ressentais quelque chose de très particulier, un peu comme de mettre pied à terre après une traversée : une impression de légère collision, car la berge est toujours plus solide et fixe que ce à quoi notre pied s’était habitué en mer. Ce qui correspond bien à mon impression que ce projet m’a véritablement transportée quelque part… Le texte Le Monastère est un monologue, dans la voix d’un esprit masculin, un homme qu’on n’arrive pas à situer dans le temps de sa vie : il en parle à l’imparfait, mais on n’en déduit pas … Lire la suite

Suzanne Boisvert : Le jardin du collège américain

Suzanne Boisvert est une artiste en communauté intègrant la pratique relationnelle. Elle vit à Montréal et travaille actuellement sur un projet collectif, Nous, les femmes qu’on ne sait pas voir, une exploration intergénérationnelle du vieillissement. Elle fait ici le récit d’une rencontre émouvante, vécue en 2001 dans le cadre d’un projet relationnel au Goddard College, au Vermont. C’est le mois de juillet. Deux mois avant le 11 septembre 2001. Je suis aux États-Unis. Au Vermont. À Plainfield. Dans les jardins victoriens de l’université Goddard. On m’a invitée à venir parler de ma pratique engagée lors de la résidence d’été du MFA in Interdisciplinary Arts. Ma proposition sera une performance-installation-conversation sur trois jours. Le point de départ, de lancement, de ces trois journées, c’est le mardi soir. Je présente une première performance au manoir, Conversations. Diapositives, dispositif scénique simple et adapté au lieu, script écrit pour plusieurs voix, car j’ai demandé … Lire la suite

Clémentine Nogrel : Insouciance Instinctive

Je suis guidée et grandie par la musique, j’écris sans savoir quel mot sera le suivant. J’écris parce qu’il faut commencer. Commencer, c’est recommencer là où il n’y a ni fondations ni histoire. Écrire, c’est se lancer dans une affaire universelle. J’écris. Je réussis à me jeter grâce à un moteur, mon moteur principal. Écrire quand la musique nous porte, c’est faire un duo, c’est multiplier l’imagination, faciliter la divagation. Écrire à deux tout en restant l’unique être qui écrit. Mes doigts dansent sur le clavier et accompagnent la musique. Je n’ai pas besoin de réfléchir, je n’ai pas besoin de m’arrêter. Ça coule… Pour combien de temps ? Pendant combien de temps écrire de cette manière pourra-t-il marcher ? Je fonctionne à l’instinct, je carbure aux rêves et aux utopies. J’aime ça. Je ne suis pas sûre que cela soit la meilleure façon d’écrire/vivre. Je ne suis pas sûre … Lire la suite

Anne-Marie Panhaleux :
Rendez-vous manqués ou rencontres trans’formatrices ?

AVANT-PROPOS L’histoire de vie, en tant que méthodologie de recherche et stratégie d’enseignement, permet d’étudier et de contribuer à la mise en sens des apprentissages dits expérientiels, non formels ou informels. La conscientisation des processus éducatifs élaborés à partir des évènements de la vie fait explorer toute une sphère habituellement ignorée des savoirs institués. L’histoire de vie offre des perspectives illimitées sur la découverte de l’existence comme espace de formation. Elle fait émerger les savoirs enfouis obscurément construits à l’in-su de l’individu-e. Toutefois si elle est une clé de compréhension génératrice d’évolution, elle met à l’épreuve une dimension sensible qui nécessite une approche spécifique. Un retour sur soi ne saurait à lui seul débusquer les in-sus. Les reflets que produit la socialisation contribuent à éclairer des situations parfois maintenues dans l’opacité. En cela les notions de auto-hetero-eco-formation occupent une place prépondérante. Ces trois pôles, largement étudiés par de nombreux-ses chercheur-es, … Lire la suite

Andrée Forget : La convivialité créatrice

Depuis janvier 2013, je suis doctorante en philosophie au département de philosophie et des arts à l’Université de Trois-Rivières. Le problème de la trop grande scission entre l’expérience esthétique et l’expérience naturelle de la vie est au fondement de mon projet doctoral. Au cours des années qui viennent, c’est donc par le biais d’une investigation philosophique d’une part, et d’ateliers laboratoires d’autre part, que je m’attacherai à faire valoir le caractère évolutif et émancipateur de l’exploration artistique en groupe. Le tableau comme l’artiste — vu en tant que créateur — ne sont que des miroirs. Pour parler de la création, autrement que comme un système ou comme un processus, seul le récit d’un vécu semble capable de le permettre et d’atteindre chacun dans ce qu’il a de particulier et d’universel à la fois. Seul le récit d’un vécu peut révéler ce qu’il est sans imposer une façon de voir. La … Lire la suite

Annie Abdalla : The Alzheimer’s Method of Art Making

Painter and intermedia artist Annie Abdalla tells about her caring for Joan, her mother, and the effect it had on her art making. Annie Abdalla have an MFA in Interdisciplinary Art from Goddard College and a Masters in Environmental Studies from York University; She has also studied interdisciplinary art at Naropa University and the Nova Scotia College of Art and Design. Since 2004 she has been on faculty at Goddard College in the Individualized BA Studies program. She lives by the ocean in Nova Scotia with her furry companion of many years, Miss Maddie. As a child I spent lots of time looking at the ceiling wondering what a room would look like upside down. This informs my current practice in that my paintings often defy still life traditions by releasing conventional notions of weight and space. The common artifacts of life – the kinds of scenes or objects that … Lire la suite