Karine Lewitz: À vrai dire

Je me vois taper « comment obtenir une résidence artistique » sur Google.   —   Je trouve ça fou quand même. De demander à une machine de m’aider à trouver une solution. J’ai besoin de son objectivité, de sa lucidité, de son manque d’opinion.   —   Il m’arrive d’envier Google. Car je suis une source intarissable de communication qui lutte pour trouver la sortie, quand Google, lui, sans une seconde de réflexion, sans peur, déballe tout son savoir. Je ressens parfois la sensation d’un pansement sur la bouche. Pas contre moi.   —   Plus pour éviter le brouhaha général en place publique, quand tout le monde cherche à être entendu.   —   Et très souvent, il m’est difficile d’’avancer jusqu’à une oreille. Je me sens souvent lâche, et bête aussi.   —   Fainéante, désorganisée, faible.   —   Si d’autres y arrivent, j’ai l’impression de manquer de quelque chose.   —   Il m’arrive même souvent de … Lire la suite

La dynamique instaurative dans la recherche création

Danielle Boutet (Paru en feuilleton sur le site Le crachoir de Flaubert entre le 30 mai 2016 et le 9 janvier 2017) Notes sur la série « La dynamique instaurative dans la recherche création » Dans cette optique, la recherche portant sur la création sera soit une recherche sur les mécanismes, les contextes ou les produits de ces actes existentiels, ou elle sera elle-même une recherche à fonction instaurative. Ou bien on met ce processus vivant et transformateur dans une éprouvette et on s’en distancie le plus possible de façon à ne surtout pas l’altérer par notre observation, ce qui correspond à l’« in vitro » scientifique, ou bien on va audacieusement, dangereusement, dans le sens de son mouvement, nous laissant transformer, faisant de la dimension « recherche » une suite conséquente du geste créateur – ce qu’on pourrait dire « in vivo ». D’un côté on aura des spécialistes en blouse blanche mesurant, comparant et prenant des … Lire la suite

Andrée Forget : La convivialité créatrice

Depuis janvier 2013, je suis doctorante en philosophie au département de philosophie et des arts à l’Université de Trois-Rivières. Le problème de la trop grande scission entre l’expérience esthétique et l’expérience naturelle de la vie est au fondement de mon projet doctoral. Au cours des années qui viennent, c’est donc par le biais d’une investigation philosophique d’une part, et d’ateliers laboratoires d’autre part, que je m’attacherai à faire valoir le caractère évolutif et émancipateur de l’exploration artistique en groupe. Le tableau comme l’artiste — vu en tant que créateur — ne sont que des miroirs. Pour parler de la création, autrement que comme un système ou comme un processus, seul le récit d’un vécu semble capable de le permettre et d’atteindre chacun dans ce qu’il a de particulier et d’universel à la fois. Seul le récit d’un vécu peut révéler ce qu’il est sans imposer une façon de voir. La … Lire la suite