Danielle Boutet : Différents modes et niveaux de recherche ayant donné lieu au concept de « recherche création » en art

Le terme « recherche-création » ou « recherche création » (sans tiret) peut désigner le travail de réflexion autopoïétique[[1]] effectué par les étudiants qui produisent une thèse ou un mémoire de création. Cette forme s’est développée surtout depuis le milieu des années 1990, dans les universités québécoises.

Les ouvrages suivants en donnent aussi une bonne idée :

  • Pierre Gosselin et Éric Le Coquiec (dir.). La recherche création : pour une compréhension de la recherche en pratique artistique. Québec : Presses de l’Université du Québec, 2006.
  • Diane Laurier et Pierre Gosselin (dir.). Tactiques insolites : vers une méthodologie de recherche en pratique artistique. Montréal : Guérin Éditeur, 2004

On a aussi appelé « recherche-création » le travail des professeurs-praticiens dans les départements d’art ou de littérature, dont les activités de recherche consistent à créer des œuvres.

La recherche sur la relation entre les théories de l’art et de la société, et les pratiques artistiques ; ou entre la dimension philosophique et la dimension créatrice. Ce type de recherche, lui aussi, est surtout présent dans les universités. En France, on parlera de « recherche sur l’art ».

Un autre travail, pas du tout confiné à l’université, intéressant toutes sortes d’artistes, où le processus créateur est posé comme une expérience systématique du potentiel visionnaire et transformateur de l’art.

Comme pour toutes les formes de recherche, le défi est de mettre en mots les idées et les découvertes pour les partager et susciter la réflexion collective. L’expérience artistique ne mène pas d’emblée à la théorisation, à l’abstraction ou à la généralisation : elle reste le plus souvent originale et singulière, c’est d’ailleurs là sa force et son intérêt. Dans cet optique, la forme la plus riche en contenus expérientiels et la plus respectueuse de la singularité des visions nous semble être le récit, qui par sa forme ouverte et intime peut intégrer autant les réflexions philosophiques et les idées que les aspects méthodologiques et procéduraux, ou encore les anecdotes et les détails personnels ou poétiques.

[1] Le terme « poïétique » (nom ou adjectif) réfère au processus de création, au faire de l’artiste, à l’ensemble des opérations dans l’atelier — atelier au sens large des lieux et contextes où l’artiste travaille. « Autopoïétique » s’applique lorsque c’est l’artiste lui-même qui regarde sa propre pratique.

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