Suzanne Boisvert : Le jardin du collège américain

Suzanne Boisvert est une artiste en communauté intègrant la pratique relationnelle. Elle vit à Montréal et travaille actuellement sur un projet collectif, Nous, les femmes qu’on ne sait pas voir, une exploration intergénérationnelle du vieillissement. Elle fait ici le récit d’une rencontre émouvante, vécue en 2001 dans le cadre d’un projet relationnel au Goddard College, au Vermont. C’est le mois de juillet. Deux mois avant le 11 septembre 2001. Je suis aux États-Unis. Au Vermont. À Plainfield. Dans les jardins victoriens de l’université Goddard. On m’a invitée à venir parler de ma pratique engagée lors de la résidence d’été du MFA in Interdisciplinary Arts. Ma proposition sera une performance-installation-conversation sur trois jours. Le point de départ, de lancement, de ces trois journées, c’est le mardi soir. Je présente une première performance au manoir, Conversations. Diapositives, dispositif scénique simple et adapté au lieu, script écrit pour plusieurs voix, car j’ai demandé … Lire la suite

Clémentine Nogrel : Insouciance Instinctive

Je suis guidée et grandie par la musique, j’écris sans savoir quel mot sera le suivant. J’écris parce qu’il faut commencer. Commencer, c’est recommencer là où il n’y a ni fondations ni histoire. Écrire, c’est se lancer dans une affaire universelle. J’écris. Je réussis à me jeter grâce à un moteur, mon moteur principal. Écrire quand la musique nous porte, c’est faire un duo, c’est multiplier l’imagination, faciliter la divagation. Écrire à deux tout en restant l’unique être qui écrit. Mes doigts dansent sur le clavier et accompagnent la musique. Je n’ai pas besoin de réfléchir, je n’ai pas besoin de m’arrêter. Ça coule… Pour combien de temps ? Pendant combien de temps écrire de cette manière pourra-t-il marcher ? Je fonctionne à l’instinct, je carbure aux rêves et aux utopies. J’aime ça. Je ne suis pas sûre que cela soit la meilleure façon d’écrire/vivre. Je ne suis pas sûre … Lire la suite