Claire Maillé : Atelier d’artiste

Fondements d’un savoir oublié J’avais à peine 11 ans. Je descendais les escaliers qui me conduisaient directement dans l’atelier d’artiste. Edmund me permettait de rester à côté de lui, à condition de ne rien dire. « Pas question de parler », m’a-t-il dit, « tu regardes et tu ne bouges pas.  » Jamais je n’oublierai le privilège qui m’a été offert de venir me percher sur ce tabouret à côté du chevalet en bois dégoulinant de peinture à l’huile. C’est ainsi qu’il s’est construit une complicité toute particulière entre nous, je me dépêchais de rentrer de l’école et me précipitais dans son atelier. Edmund vivait chez nous depuis un certain temps, mes parents lui avaient alloué un espace au rez-de-chaussée de notre grande maison située dans la banlieue parisienne. L’atelier était spacieux et éclairé par une grande baie vitrée. Cette pièce donnait directement sur un jardin joliment aménagé. La lumière du jour était … Lire la suite